Réponse courte
Le graissage automatique délivre la graisse en continu et en quantité dosée pendant le travail, si bien que le film entre la bague et l'outil n'est jamais interrompu. Il se rentabilise le plus vite sur les chantiers où le brise-roche travaille de longues heures par jour et où l'opérateur n'a pas le temps de descendre avec la pompe à graisse : carrière, tunnel, démolition en continu. Si le brise-roche ne travaille que quelques jours par mois, ou si l'opérateur graisse régulièrement, le graissage manuel suffit et le système ne se rembourse pas. La décision dépend d'une seule question : le graissage est-il réellement sauté ?
Le problème n'est pas la quantité de graisse, mais sa continuité
Avec le graissage manuel, toute la graisse est injectée en une fois en début de poste. Dans les premières heures, il y en a en abondance ; à mesure que le poste avance, elle diminue, et dans les dernières heures la bague travaille presque à sec. La plus grande partie de l'usure se produit précisément pendant ces dernières heures.
Un système automatique répartit la même quantité totale de graisse sur tout le poste. Comme le film n'est jamais interrompu, le contact métal contre métal entre la bague et l'outil disparaît, et la poussière est repoussée en permanence vers l'extérieur par la graisse.
Le gain du graissage automatique doit donc se lire comme « un film jamais interrompu », et non comme « plus de graisse ». Avec la même quantité de graisse, on obtient une durée de vie des bagues plus longue.
Quand se rentabilise-t-il ?
- Quand le brise-roche travaille de longues heures par jour : carrière, tunnel, démolition en continu. À ce rythme, le graissage manuel finit en pratique par être négligé.
- Quand l'opérateur ne peut pas descendre de l'engin : front de taille élevé, travail dans l'eau, chantier ouvert à la circulation. Si descendre est difficile, le graissage est sauté.
- Quand la poussière est abondante : le second rôle de la graisse est de repousser la poussière vers l'extérieur, et un film interrompu la laisse entrer.
- Quand il y a un parc de matériel : maintenir la discipline sur plusieurs engins par le seul suivi humain est difficile ; le système l'uniformise.
- Quand les coûts de bagues et de joints se répètent : si le même brise-roche change de bagues plusieurs fois par an, le calcul vaut la peine d'être fait.
Quand est-il inutile ?
Si le brise-roche ne travaille que quelques jours par mois, le nombre total d'heures de travail est faible ; le graissage manuel est à la fois suffisant et plus souple.
Si l'opérateur graisse déjà régulièrement et que la durée de vie des bagues se situe dans la fourchette attendue, il n'y a pas de problème à résoudre. Il n'y a pas lieu de dépenser de l'argent dans un système pour résoudre un problème qui n'existe pas.
En location de courte durée, l'entretien du système et l'approvisionnement en cartouches de graisse représentent une charge supplémentaire ; on préfère alors généralement le graissage manuel.
Installer le système, puis le laisser à court de graisse
La défaillance la plus fréquente du graissage automatique n'est pas une panne, mais une négligence : la cartouche se vide, personne ne s'en aperçoit et le brise-roche travaille à sec pendant des semaines. Une fois le système installé, le contrôle du niveau de la cartouche doit entrer dans la routine de début de poste. Sinon, on se retrouve dans une situation pire qu'avec le graissage manuel, car plus personne ne regarde la pompe à graisse.
Comment faire le calcul ?
La comparaison porte sur deux postes. D'un côté, le coût d'installation du système et la consommation de cartouches de graisse ; de l'autre, la baisse de la fréquence de remplacement des bagues, des joints et des outils, ainsi que le temps d'arrêt perdu pour ces remplacements.
Tenir compte du temps d'arrêt est essentiel, et c'est souvent oublié. Un changement de bague, ce n'est pas seulement le prix de la pièce : l'engin s'arrête, l'équipe attend, parfois il faut le ramener à l'atelier. En carrière, une journée d'arrêt peut coûter plus cher que le système lui-même.
Pour faire ce calcul, il faut des relevés : sur quel brise-roche, quand, quelle pièce a été changée. Dans les entreprises qui gèrent un parc de matériel, ces quelques lignes font passer la décision de l'estimation à la mesure.
Ce qui change une fois le système installé
- Une ligne « niveau de la cartouche » s'ajoute à la liste de contrôle de début de poste.
- La ligne d'alimentation et les raccords sont inspectés périodiquement ; une ligne rompue met le système hors service sans que personne ne s'en aperçoive.
- Quand le brise-roche est démonté puis remonté, on vérifie que la ligne d'alimentation est correctement raccordée.
- En hiver, la fluidité de la graisse change ; le réglage du système doit être revu selon la saison.
- La pompe à graisse manuelle reste sur le chantier ; c'est la solution de secours si le système tombe en panne.
