Réponse courte
Le flexible d'un équipement éclate rarement à cause de la pression ; le plus souvent, il se fatigue pendant des mois sous l'effet d'un frottement, d'une tension ou d'une torsion, et il lâche au pire moment. Les trois ont un point commun : un seul contrôle au moment du montage permet de les voir, en faisant parcourir à la flèche toute sa course et en observant le flexible. Si ce contrôle est sauté, les dommages n'apparaissent pas le premier jour mais des mois plus tard, et ce jour-là on accuse un « flexible de mauvaise qualité ». Nous décrivons ci-dessous ces trois habitudes et la trace que chacune laisse sur le chantier.
Premièrement : le frottement
Le frottement est la cause la plus répandue et la plus facile à voir. Le flexible touche un angle de la flèche, un cordon de soudure ou une tôle de la machine, et s'use un peu à cet endroit à chaque mouvement de la flèche. La gaine extérieure devient d'abord brillante, puis terne, puis la tresse apparaît.
Dès que la tresse apparaît, le flexible a épuisé sa durée de vie ; sa tenue à la pression à cet endroit n'est plus connue. Continuer à travailler en se disant qu'« il tiendra encore un peu », ce n'est pas choisir s'il va éclater, mais seulement quand.
Pour empêcher le frottement, il ne faut pas raccourcir le flexible, mais changer son cheminement. Si le point de contact ne peut pas être supprimé, on utilise une spirale de protection ou une gaine de passage ; la protection ne sauve pas le flexible, mais elle prend l'usure à sa place et rend le remplacement moins cher.
Deuxièmement : la tension
La tension est plus sournoise que le frottement, car elle ne laisse pas de trace. Quand la flèche atteint un certain angle, le flexible arrive au bout de sa longueur et tire sur le pied du raccord. Vu de l'extérieur, tout est normal ; le flexible n'est tendu qu'à cet angle, peut-être quelques centaines de fois par jour.
Le résultat apparaît généralement non pas sur le corps du flexible, mais au pied du raccord : d'abord de l'humidité, puis des gouttes. Sur le chantier, on l'interprète souvent comme « le raccord s'est desserré » et on le resserre ; le resserrage repousse le problème un moment, mais la cause reste en place.
La seule façon de voir la tension est de faire parcourir à la flèche toute sa course. Après le montage, garder la flèche repliée en se disant que « ça marchera bien », c'est reporter ce contrôle de plusieurs mois.
Troisièmement : la torsion
Quand un flexible est tordu autour de son axe, les couches de la tresse glissent les unes par rapport aux autres et sa tenue diminue. La torsion se produit en général au montage : en serrant le raccord, on fait tourner le flexible avec lui, et cette contrainte reste enfermée à l'intérieur.
Un flexible tordu se repère de l'extérieur : si le marquage du fabricant ou la ligne de couleur qu'il porte ne suit pas une ligne droite, le flexible a été tordu. Cette ligne n'est pas une décoration, c'est un contrôle de montage.
La prévention est simple : maintenez le flexible immobile pendant le serrage et placez la clé sur le raccord. Une fois le serrage terminé, vérifiez de vos yeux que la ligne est droite.
Les vibrations, c'est un autre sujet, avec une autre cause
Un flexible qui bouge et un flexible qui s'use, ce n'est pas la même chose. Si les flexibles vibrent et sautent nettement pendant que le brise-roche travaille, le problème peut venir non pas du cheminement, mais du côté hydraulique. Nous l'avons traité à part : les flexibles vibrent et sautent.
À faire, à éviter
À faire
- Après le montage, faites parcourir à la flèche toute sa course et observez le flexible ; ce seul contrôle détecte les trois causes.
- Posez une spirale de protection ou une gaine de passage aux points de contact.
- Maintenez le flexible immobile pendant le serrage du raccord ; vérifiez que la ligne qu'il porte reste droite.
- Faites cheminer le flexible en respectant son rayon de courbure ; dans un coude trop serré, la couche intérieure s'écrase.
- Quand vous voyez une trace d'usure, remplacez le flexible lors d'un arrêt planifié ; n'attendez pas qu'il éclate.
À éviter
- Ne travaillez pas avec un flexible dont la tresse est visible.
- N'essayez pas de régler un flexible tendu en resserrant le raccord ; la cause, c'est la longueur et le cheminement.
- Ne fixez pas fermement le flexible à un point fixe de la flèche avec un collier ou du fil de fer ; il doit garder une liberté de mouvement.
- N'associez pas deux flexibles de longueurs différentes en alimentation et retour ; le plus court se tend le premier à chaque mouvement.
- Lors du remplacement d'un flexible, ne vous contentez pas de respecter la longueur ; la classe de pression et le type de raccord doivent aussi correspondre.
La décision de remplacement : quand ne pas attendre ?
Aucun de ces cinq points ne demande de mesure ; tous se voient à l'œil nu. C'est l'avantage du flexible d'un équipement : lire ses premiers signaux ne demande aucun outillage, seulement de regarder.
- La tresse est visible à travers la gaine extérieure : on n'attend pas, on remplace.
- L'humidité revient au pied d'un raccord : on ne se contente pas de resserrer, on cherche la cause et l'on remplace si nécessaire.
- Le corps du flexible présente un gonflement : la couche intérieure s'est décollée, l'éclatement n'est qu'une question de temps.
- La ligne de marquage n'est pas droite sur un flexible récemment monté : on le démonte et on le remonte correctement.
- Le flexible a durci et perdu sa souplesse : c'est l'effet de la chaleur et du vieillissement ; même sans dommage visible, il a épuisé sa durée de vie.
