Réponse courte
La valeur de la ferraille ne dépend pas seulement de son poids, mais aussi de la propreté avec laquelle elle est livrée. Des armatures auxquelles du béton reste accroché, des tas contenant des métaux mélangés et des morceaux trop grands pour être transportés sont moins bien payés, car ils exigent un traitement supplémentaire chez l'acheteur. Le tri effectué sur le chantier transforme directement cet écart en recettes ; un tri propre améliore aussi le rendement du transport, car on charge davantage de matériau de valeur dans le même camion. La décision de trier doit être prise dans le plan de démolition, et non après.
Les trois facteurs qui déterminent le prix
- La propreté : les résidus de béton sur les armatures sont, pour l'acheteur, un poids mort et un traitement supplémentaire. Plus il y a de résidus, plus le prix unitaire baisse.
- L'homogénéité : le mélange de métaux différents (acier, aluminium, cuivre, inox) tire la valeur du tas vers celle de son composant le moins cher. Un métal collecté séparément vaut nettement plus qu'un tas mélangé.
- La taille et la forme : des morceaux de taille transportable et empilable améliorent le rendement du transport et sont plus faciles à faire accepter par l'acheteur. Les morceaux longs et irréguliers laissent des vides dans le camion.
Les trois gains du tri sur chantier
Le premier gain porte sur le prix : une ferraille propre et homogène se vend à un prix unitaire plus élevé.
Le second porte sur le transport, et il n'est généralement pas pris en compte. Un tas mélangé et irrégulier utilise mal le volume du camion ; on charge moins de matériau de valeur à chaque rotation. Un métal découpé à la bonne taille et empilé augmente la valeur transportée par rotation.
Un troisième gain se situe du côté du recyclage : un béton débarrassé de ses armatures entre sans problème dans le godet concasseur et peut être réemployé sur le chantier. Le tri du métal crée donc de la valeur non seulement pour le métal, mais aussi pour le béton.
Où se fait le tri ?
Le tri se fait pendant la démolition, pas après. Extraire le métal d'un tas de gravats mélangés coûte bien plus cher que de le séparer au broyeur à béton pendant la démolition, et l'on n'obtient jamais un tri complet. Le tri n'est donc pas une « opération de nettoyage », mais une étape du plan de démolition.
Une organisation pratique sur le chantier
- Prévoyez des zones de stockage distinctes par type de métal ; un tas unique signifie que le tri sera fait plus tard, et il ne l'est généralement pas.
- Séparez les métaux de forte valeur (cuivre, aluminium, inox) dès la première étape, en même temps que la dépose des réseaux ; c'est le groupe qui se mélange le plus et qui perd le plus de valeur.
- Coupez les armatures à une taille transportable avec la cisaille ; les longues pièces non coupées font perdre de la place dans le camion et créent un risque pour la sécurité sur le chantier.
- Éliminez le plus possible de résidus de béton à l'étape du broyeur à béton ; c'est là que se décide la propreté de ce qui part chez l'acheteur.
- Tenez un registre des pesées et des livraisons ; savoir combien de chaque matériau est sorti rend le chiffrage des projets suivants réaliste.
Le rôle de la cisaille et l'économie des lames
La cisaille est l'équipement central de ce travail : elle ramène les armatures et les profilés à une taille transportable. Mais le jeu de lames est le poste d'entretien le plus coûteux d'une cisaille ; protéger les lames influe donc directement sur la marge.
La seule règle qui protège les lames, c'est de ne pas les faire entrer dans le béton. Des armatures coupées une fois débarrassées du béton assurent une longue durée de vie aux lames ; attaquer directement des armatures prises dans le béton les émousse rapidement.
C'est pourquoi sauter l'étape du broyeur à béton dégrade non seulement la qualité de la ferraille, mais aussi le coût d'entretien de la cisaille. Les deux étapes sont liées.
